Catégorie : Interview

« Les murs parlent »

Merci aux théâtre des Bouffes du Nord pour cette généreuse initiative. Diffusion gratuite des « Murs parlent »

 

« Les Imaginaires » de Peter Brook

En 1992, Peter Brook montait avec le compositeur Marius Constant Impressions de Pélléas d’après l’opéra de Claude Debussy, Pelletas et Mélisande.

Peter Brook nous dit pourquoi il a souhaité faire un Pélleas dans l’intimité des Bouffes du nord, avec pour seuls instruments de musique, deux pianos. Il nous raconte aussi la genèse de ce spectacle, nous parle du charme du livret de Maeterlinck, et de son travail d’orfèvre avec les chanteurs. Devant le public du studio 106 de la maison de la radio, les pianistes Claude Lavoix et Vincent Leterme, ainsi que la basse Roger Soyer interprètent en direct des extraits des  Impressions de Pelleas …

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« Vous avez fait un long voyage pour arriver à vous-mêmes »

Entretien avec Jean-Claude Carrière – La Revue de Téhéran – avril 2010
La Conférence des oiseaux (Mantiq at-Tayr)

Mireille Ferreira : Quel rapport entretenez-vous avec l’Iran, la culture persane ? Pourquoi avoir choisi d’adapter au théâtre La Conférence des Oiseaux de Farid ad-Din ’Attâr ? 
Jean-Claude Carrière : Mes rapports avec l’Iran sont très anciens. Je connaissais l’Iran, sa littérature, sa philosophie avant d’y aller et bien avant d’épouser une iranienne. Lorsque nous avons commencé, Peter Brook et moi, à travailler ensemble, nous nous sommes intéressés au texte de La Conférence des Oiseaux, traduit par Garcin de Tassy en français au XIXe siècle. C’était en 1974 et cette traduction était alors la seule qui existait dans une langue occidentale.

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Entretien avec Peter Brook – TNP

Jeudi 17 septembre  2020 au Théâtre National Populaire

Entretien réalisé lors de « Shakespeare Resonance », une recherche autour de « La Tempête » de William Shakespeare menée par Peter Brook en collaboration avec Marie-Hélène Estienne.
7:00 : « A chaque fois que nous montons une pièce, on réunit un petit groupe d’acteurs pour explorer ce qu’est cette pièce. Jours après jours on improvise. On change tous les rôles… »

 

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Peter Brook Interviews

peter_PortraitUne sélection d’interviews de Peter Brook On Youtube.

Interview de Peter Brook par Glenda Jackson

Peter Brook et Glenda Jacksonhttps://www.bbc.co.uk/sounds/play/m000v2wk
Released On: 15 Apr 2021. © BBC /Produced by Pauline Harris

« Etre au présent », ITW de Peter, France Inter

L’heure bleue, Laure Adler, France Inter, lundi 26 avril 2021 : Etre au présent

L’heure bleue, Laure Adler, France Inter, mardi 27 avril 2021 : Etre au présent – 2

L’heure bleue, Laure Adler, France Inter, jeudi 15 mars 2018 : https://www.franceinter.fr/emissions/l-heure-bleue/l-heure-bleue-15-mars-2018

 

A écouter… ITW – Emission « Affaires culturelles », 8 février 2021

https://www.franceculture.fr/emissions/affaires-culturelles/peter-brook-est-linvite-daffaires-culturelles

Shakespeare Resonance – ITW

En compagnie de Peter Brook, metteur en scène, acteur, réalisateur et écrivain. En échange avec Jean Bellorini, metteur en scène et directeur du Théâtre National Populaire. Jeudi 17 septembre 2020 au TNP.TNP

 

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«Chasser l’ennui est mon obsession de toujours»

© Alexandre Demidoff. Publié le 27 septembre 2020. www.letemps.ch.  -© Photo: Peter Brook en 2012 au Festival de Venise. — © Getty Images

pb2012Le metteur en scène britannique poursuit sa fabuleuse quête avec «Why?», à Villeurbanne ce week-end, avant Meyrin en décembre. Conversation avec un amoureux fou du jeu qui chérit le public. «C’était le paradis.» Souvent, Peter Brook dit cela, dans le grand salon patricien à Lyon où il vous reçoit. Le metteur en scène britannique, 95 ans, est entré d’un pas laineux dans la pièce. On contemple sa silhouette de cristal et on se dit qu’avec le temps, l’artiste, qui a poussé si loin ses quêtes artistiques et spirituelles, s’est déridé. Le visage s’est émacié, son regard bleu a gagné en ironie. Read more

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Introduction à « La Tempête  » version 2020

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« The Readiness is All »

«J’accepte l’idée que la mort est inséparable de la vie.»

© Etienne Sorin (Le Figaro) – tdg.ch – Photo:  © AFP – Peter Brook, photographié en 2018 dans le théâtre des Bouffes du Nord, à Paris
En 2020, le quotidien français «Le Figaro» rencontrait l’homme de théâtre, également un passionné de musique qui publiait ses réflexions sur le mot et la voix. Interview.
Pendant le confinement, Peter Brook, 95 ans, n’est pas resté les bras croisés. Il a continué à travailler avec les acteurs coincés hors de France sur des pièces de Beckett. Le dramaturge et metteur en scène a aussi planché avec Marie-Hélène Estienne sur une nouvelle adaptation de «La Tempête» de son cher Shakespeare, à paraître cet automne chez Actes Sud.

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The Esoteric and the Profane in Shakespeare, juin 2016

Capture d’écran 2024-08-31 à 18.16.15https://www.youtube.com/watch?v=Y_8izLe2FBg

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Theatre is a living experience — we have a responsibility to not let the flame go out

(DDP/AFP via Getty Images)

© www.standard.co.uk – GO LONDON by NICK CURTIS

The 65th Evening Standard Theatre Awards celebrated a vintage year on the London stage, with a peerless crop of winners including Dame Maggie Smith, Andrew Scott and Anne-Marie Duff. But the most sustained ovation on Sunday night came when Peter Brook, now 94 and unquestionably Britain’s greatest living director, was named the recipient of the Lebedev Award for his service to the art form he continues to reshape. Read more

‘The only place I can’t get my plays on is Britain’: Peter Brook interviewed

© The Spectator – 2 novembre 2019

Stuart Jeffries talks to the loquacious 94-year-old director about the parlous state of British theatre, Brexit and how he wishes more politicians were like Putin

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Interview – France Inter

Ecouter l’émission – France Inter 8 juillet 2019

Depuis quelques jours votre pièce Why ? est jouée aux Bouffes du Nord. C’est une pièce étonnante : quand le spectacle commence les spectateurs ne savent pas ce qu’ils vont voir. Tout le monde se demande « pourquoi » est-ce qu’on est ici…
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Peter Brook : sagace et fugace

Libération, 15 mars 18, par Anne Diatkine, photo © Jérôme Bonnet

10 mars 201. ©JÉRÔME BONNETLe dramaturge et metteur en scène britannique défend ardemment le caractère éphémère de son art. Aux Bouffes du Nord, il monte «The Prisoner», fable énigmatique sur l’inceste et le pardon. Rencontre avec un orfèvre du vide.
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L’épopée Peter Brook, interview

France Inter. Interview de Laure Adler sur France Inter.  Peter Brook présente une nouvelle pièce. Comme pour le « Mahabharata », l’idée s’est faufilée. Il n’est pas allé à la recherche de quelque chose, c’est le souvenir d’un voyage en Afghanistan avant l’invasion soviétique, en 1979 qui l’a rattrapé.

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« To give way to despair is the ultimate cop-out »

© The Gardian, Michael Billington – October 2017
‘Gielgud had a fine, pure, sensitive heart’ … Brook, centre, at Stratford-upon-Avon in 1950 with the actor, left, and actor-director Anthony Quayle.At 92, the visionary director refuses to slow down. He talks about how to silence audiences, the trouble with doing Shakespeare in French, the difference between Olivier and Gielgud, and why Elizabethan theatre would shock us today. Read more

« Du bout des lèvres » sur France Culture

« Du bout des lèvres » : le metteur en scène et dramaturge britannique Peter Brook mêle souvenirs personnels et réflexions sur le théâtre. Il prépare une nouvelle création, « The Prisonner », dans l’emblématique théâtre des Bouffes du Nord, qu’il a marqué de son empreinte.
Interview, France Culture, émission « La Grande Table », jeudi 15 février 2018
Ecoutez !

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Peter Brook: ‘To give way to despair is the ultimate cop-out’

‘You change things not by preaching but by doing – just get on your horse’ … Peter Brook.
‘You change things not by preaching but by doing – just get on your horse’ … Peter Brook. Photograph: Richard Saker/The Guardian

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A Midsummer Night’s Dream – Interview

Times Talks with Peter Brook

brookt_times2The New York Time – Times Talks… with Peter Brook  (clic !)

Peter Brook, human earthquake of modern theatre

1© The Gardian – Mickael Billington – March 2015

70-year career of a director with a touch of the showman who has always sought to bring reality to the stage. Read more

Comme Shakespeare, la neurologie permet de révéler l’invisible

© Alexandre Demidoff – www.letemps.ch. © Photo AFP

pb-AFPL’artiste britannique présente au Forum Meyrin «The Valley of Astonishment», odyssée merveilleuse de légèreté au cœur du cerveau. En marge du spectacle, il parle du rire d’une salle, du silence qui soudain unit une communauté, de son métier qui consiste à chasser l’accessoire pour accéder à une vérité sensible.  Le metteur en scène britannique poursuit avec brio son odyssée au cœur du cerveau, au Forum Meyrin ce vendredi. L’amour du silence, le goût du jeu, le métier d’enchanteur: il se confie en gentleman doux Merlin au bout du fil. Sa vivacité, mais pas sa barbe. Peter Brook vient de décrocher, à Meyrin, dans sa chambre d’hôtel, à quelques foulées du Forum où il présente ce soir encore The Valley of Astonishment. Il parle vite, délicieusement lointain, familier pourtant. 

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A Mind Is a Terrible Thing to Take for Granted

© Ben Brantley, The New York Times 2014 – © Photo Sara Krulwich/The New York Times.

Marcello Magni, left, Kathryn Hunter and Jared McNeill in “The Valley of Astonishment,” at the Polonsky Shakespeare Center.Credit...Sara Krulwich/The New York TimesEverything comes wrapped in silence in “The Valley of Astonishment,” Peter Brook and Marie-Hélène Estienne’s wonder-struck contemplation of the enigma of the human mind, which opened on Thursday night at the Polonsky Shakespeare Center in Brooklyn. A shimmer of stillness seems to surround every word spoken, every gesture made, every note sounded in this essayistic work about extraordinary sensory perceptiveness. What’s created is not exactly a barrier between the audience and the stage, but what might be called a zone of thoughtfulness. An implicit request fills this silence: Think about how you think. Try to feel out, if you can, the way you feel. Read more

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About « The Quality of Mercy »

About Shakespeare – interview

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Gracias a la vida

© Lalibre.be – 12 octobre 2013 – Guy Duplat
Il parle de l’émotion, de la gratitude, de la mort, de la nature, de notre monde « fou ».

Le grand metteur en scène Peter Brook, 87 ans, a réinventé son spectacle « Le Costume ». Avec l’ajout de merveilleux chants, la pièce raconte l’injustice, le pardon, la compassion. Avec une simplicité totale qui en devient bouleversante. Le spectacle sera à Liège dans quelques jours. Read more

Diffusion de « Sur un fil »

« Sur un fil » (The Tightrope) de Simon Brook – Diffusion le 3 juillet à 22h30 sur ARTE

Pendant plusieurs jours, à l’occasion d’un atelier d’improvisation pour lequel il a réuni autour de lui un groupe d’acteurs et de musiciens, il a laissé pénétrer des caméras au coeur de ses répétitions, conçues autour d’un exercice fondamental au nom symbolique : « La Corde Raide ».

Véritable concentré d’années de recherche et d’expérimentations théatrales, cet exercice riche et multiple, qui réunit tous les aspects du travail de l’acteur, est devenu le fondement de la démarche et de la philosophie de Peter Brook.

Film atypique et personnel, « Sur un Fil… » nous plonge dans l’intimité du travail du metteur en scène et de sa troupe, sans en troubler la vérité, et montre la magie du processus de création. Il nous entraîne sur cette « corde raide » imaginaire et métaphorique et nous invite à vivre, bien au-delà du théâtre, une expérience humaine et philosophique unique.

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Interview France Culture

Le tête-à-tête par Frédéric Tadei. Ecoutez l’émission

A 18 ans, il fait sa première mise en scène théâtrale. A 19 ans, son 1er film. A 23 ans, il fait scandalke à Covent Garden avec Salomé, l’opéra de Richard Strauss. Depuis plus d’un demi-siècle, il est considéré comme l’un des plus grands metteurs en scène du monde. Aujourd’hui, à 88 ans, il est de retour aux Boffes du Nord, qui fut son théâtre pendant 35 ans, avec  » Une flûte enchantée » d’près Mozart et le film « Peter Brook sur le fil » que lui a consacré son fils, Simon, sera diffusé au Printemps des comediens à Montpellier le 28 juin, sur Arte le 3 juillet et au festival d’Avignon le 12 juillet.

The Directors Guild Peter Brook Lecture

The Directors Guild Peter Brook Lecture is an annual public event, giving leading directors from across the disciplines a platform to address their craft, culture and industry. The Lecture series, established in 2010 with a talk given by Peter himself, is a vital source of inspiration and insight for fellow directors and industry professionals as well as anyone thinking about entering into film, theatre or the Arts. The Second Peter Brook Lecture in 2011 was delivered by Phyllida Lloyd; Nicholas Hytner was the speaker at the Third Peter Brook Lecture in 2012. Lecture and DVD info

« Tell Me Lies », la vérité de Peter Brook

© Le Nouvel Observateur, Odile Quirot 10 octobre 2012. Entretien avec Peter Brook
Réalisé à Londres en 1967, ce cinquième long-métrage du dramaturge est une formidable réflexion sur la guerre du Vietnam. Le film sort enfin en salles, en version restaurée. Read more

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« Tell Me Lies », 2012

Première du film à la Mostra de Venise, le 4 septembre 2012.
A propos de « Tell me Lies » – Peter Brook

« Nous étions sept – Michael Kustow, Adrian Mitchell, Denis Cannan, Albert Hunt, Richard Peaslee, Sally Jacobs et moi-même – rapidement rejoints par beaucoup de ceux qui avaient participé à l’aventure de Marat-Sade. Read more

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Sur un fil

The Tightrope – documentaire 2012, Simon Brook – + infos : https://www.facebook.com/TheTightrope
« How does one make theatre real? It is so easy to fall into tragedy or comedy. What is important above all is to be on this strict razor edge of the tightrope… »
« Il est si simple de tomber du côté de la tragédie ou de la comédie, ce qu’il faut avant tout, c’est être sur la corde raide… ». Read more

6 avril 2012 à 23h15

France Inter – « Studio Théâtre » animé par Laure Adler, reçoit Peter Brook, le vendredi 6 avril 2012 (23h15 à minuit)

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Journée Mondiale du Théâtre

©www.iti-worldwide.org
Message de Peter Brook – 1969
 » Les gens qui travaillent au théâtre ont leur propre caractère et leurs propres caractéristiques. Ils sont prompts à s’émouvoir et parce qu’ils sont prompts à s’émouvoir, ils sont rapidement mus – par la colère, par exemple.
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Peter Brook on the playwright Denis Cannan

Peter Brook – The Guardian, Monday 17 October 2011

Denis Cannan was a precious lifelong friend. For many years we could find one another only through the telephone. His voice always carried the same alert humorous observation of life, even as he went tooting through the streets of Hove in his invalid chair, delighted by the reactions he could arouse. Read more

« Singspiel »

©Le Soleil, Richard Boisvert (Québec).
Passer une heure en compagnie du pianiste Franck Krawczyk, proche collaborateur de Peter Brook et de Marie-Hélène Estienne dans l’aventure d’Une flûte enchantée, permet de mieux saisir l’essence du spectacle à l’affiche au Festival d’opéra de Québec à compter de lundi. Read more

Entretien avec Peter Brook

Propos recueillis par David Sanson
Qu’est-ce-qui vous a poussé, douze ans après Don Giovanni, à revenir à Mozart, et à vous attaquer à la Flûte enchantée?

Cette envie remonte à très, très loin. J’ai abandonné l’opéra, après plusieurs années d’expériences à Covent Garden et au Metropolitan Opera de New York, sur une haine absolue de cette forme figée- non seulement la « forme opéra », Read more

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A life in the vanguard

© Michael Coveney – 15th December 2010.  ©Photo : Pascal Victor
Peter Brook will celebrate his 86th birthday in March with a Barbican production. The most original of theatrical titans tells Michael Coveney why the time for banging the drum is over Read more

Von Afrika nach Duisburg

©DIE ZEIT – 4 mai 2007
Von Afrika nach Duisburg – der Regisseur Peter Brook gastiert bei der Ruhrtriennale. Ein Gespräch
Von Peter Kümmel

Mr. Brook, bei der Ruhrtriennale werden Sie in Duisburg ein Stück uraufführen, das uns ins traditionelle, animistische Afrika zurückführt: ≥Tierno Bokar„. Was fasziniert Sie an der afrikanischen Kultur?
Es besteht dort noch ˆ manchmal nur in Spuren ˆ eine Qualität des menschlichen Zusammenlebens, die im Westen verloren gegangen ist. Als die europäischen Kolonisatoren in Afrika ankamen, sahen sie, dass die Einheimischen nackt waren und in Lehmhütten wohnten. Die Neuankömmlinge schlossen, dass es sich um Primitive handeln müsse. Da hatten sie in Asien anderes gesehen, großartige Gebäude, eine hochstehende Kultur, die zu berauben sich lohnte. Was die Europäer nicht erkannten und bis heute nicht wirklich verstehen, ist, dass die Afrikaner etwas entwickelten, das so komplex und hoch entwickelt war wie die Kultur Asiens. Die Architektur der Afrikaner ist die Architektur des menschlichen Zusammenlebens ˆ das komplexe Gebilde des sozialen Umgangs. Es geht in Afrika nicht um Strukturen, sondern um behavior.
Haben wir Europäer diese Lebenskunst nie beherrscht, oder haben wir sie nur verloren?
Natürlich existierte diese Kunst in jedem Teil der Welt. Aber die Zeit bewegt sich in Zyklen. Und derzeit bewegt sich der Westen auf rasante Weise kulturell abwärts. Die Qualität der menschlichen Beziehungen geht rapide verloren. Es herrscht eine Weltkultur des Kommerzes. Diese Entwicklung lässt sich nicht stoppen, so wenig, wie man einen rasenden Zug mit bloßer Hand stoppen kann. All das führt dazu, dass im Westen viele Menschen noch reicher werden und noch länger gesund bleiben; aber der Preis dafür ist die Degradierung des Zusammenlebens. Die Familien werden kleiner, die Paarbeziehungen zerbrechen, es ist ein großer Schrumpfungsprozess.
In Ernst Blochs ≥Prinzip Hoffnung„ heißt es sinngemäß: Die wahre Genesis ist nicht am Anfang, sondern am Ende der Geschichte; wir leben noch in einer Art prähistorischer Zeit.
Das ist der Gedanke eines hoffnungsvollen Mannes. Ich selber bin weder optimistisch noch pessimistisch. Ich versuche nur zu sehen, was da ist. Eine berühmte Zeile von T. S. Elliot heißt ≥The end is our beginning„. Vielleicht ist das wahr, dennoch weiß ich nicht, ob es Ihnen oder mir hilft zu spekulieren, was in der Zukunft, am Ende der Geschichte passieren könnte. Das Einzige, was uns jetzt interessiert, ist das, was uns jetzt hilft. Und die entscheidende Frage lautet nicht: Wie erlangen wir Hoffnung? Sondern: Wie kommt es, dass wir die Hoffnung immerzu zerstören? Dass wir sie verraten? Auf Hoffnung zu hoffen hat keinen Sinn. Es ist wie mit der Aufforderung an einen Agnostiker: Du musst glauben. Das bewirkt das Gegenteil. Aber wenn man sich selbst genau erforscht ˆ was ist dein größtes Hindernis? Was hält dich davon ab, das zu finden, was du dir am sehnlichsten wünschst? ˆ, dann wird die Hoffnung sich zeigen.
Stellt das Theater diese Fragen?
Das Großartige am Theater ist, dass am Ende des Abends ein paar wenige Leute mit ein bisschen mehr Mut nach Hause gehen. Mehr kann es nicht erreichen.
Man weiß von Ihnen, dass Sie sich für Theaterkunst eigentlich nicht interessieren. Weshalb machen Sie noch Theater?
Im Lauf der Jahre habe ich das Interesse an ≥Inszenierungen„ verloren. Ich fühle mich nicht als Theaterkünstler, und ich will nicht bis zum Ende meines Lebens Theater machen. Früher fand ich das Bühnenleben sehr aufregend, jetzt ist es für mich nur noch ein Mittel, Themen ans Licht zu bringen.
Sind Sie noch an der Entwicklung neuer Theaterformen interessiert?
Die Entwicklung von Theatertechniken und Darstellungsformen war eine Aufgabe der fünfziger und sechziger Jahre. Heute ist es fast unmöglich, im Theater etwas Neues zu machen. Wir haben schon alle Arten von Licht- und Schalleffekten, Projektionen, Pseudorealitäten. Die Technik entwickelt sich von allein weiter, sie braucht unsere Aufmerksamkeit gar nicht. That‚s not our business. Jede Popgruppe treibt die Darstellungsformen bis an die Grenzen, da gibt es keine Überraschungen mehr. Die letzte Überraschung auf dem Theater bereitet das handelnde menschliche Wesen.
Haben Sie je an das so genannte politische Theater geglaubt?
Ich weiß, in Deutschland spielt es eine entscheidende Rolle, aber ich glaube nicht daran. Denn es ist zur einseitigen Negativität oder zur blinden Propaganda verdammt. Das wahre politische Theater, das ich suche, vermag im selben Moment beides zu zeigen: das Ideal und den Verrat am Ideal; die Pervertierung der Idee und die Idee selbst, die Zerstörung der Vision und den Glanz der Vision. Auf der Bühne muss beides aufscheinen, das ist die idealistische Natur des Theaters. Wenn das Theater nur das Ideal zeigt, wird es niemanden berühren, weil es weltfremd ist. Wenn das Theater nur die Zerstörung zeigt, den Missbrauch, die Korruption, ist das ein Akt der Gewalt gegen das Publikum.
Sie haben sich immer wieder an Orte der größten Hoffnungslosigkeit begeben und dort optimistisches Theater gezeigt.
Wir haben in den südafrikanischen Townships ein Stück gespielt, Woza Albert!, das den Horror des Lebens unter der weißen Herrschaft und die pure Freude am Dasein zeigte; Glück und Trauer waren untrennbar vermischt. Das ist für mich das wahre Theater. Auf seine Weise gelang das auch Brecht, den ich kannte und dessen Produktionen ich sehen konnte. Sein Theater war voller Freude. Es enthielt die Anklage und den Jubel, die Kritik an den Verhältnissen und die Feier des Daseins.
Kürzlich haben Sie Becketts ≥Glückliche Tage„ inszeniert. Ist das nicht auch ein Werk, das die größten Gegensätze vereint?
Oh ja. Beckett, der in die Dunkelheit wahrhaft verliebt war, ein Pessimist vor dem Herrn, schrieb da ein erstaunlich helles Stück. Von seinen drei großen Stücken ˆ Endspiel, Warten auf Godot, Glückliche Tage ˆ hat nur dieses eine weibliche Hauptfigur. Sie existiert zwischen einem Licht, das sie nach oben zieht, und einer Verzweiflung, die sie nach unten zerrt. Die dunkle Lebensfreude, die sich da ausdrückt, ist einmalig in Becketts Werk ˆ es ist der Moment, da er den Weg aus seiner persönlichen Finsternis gefunden hat, mit einer Frau als Protagonistin. Keines seiner Männerstücke hat diese Helligkeit. Vielleicht liegt Hoffnung in dem Gedanken, dass jeder Mann eine Frau in sich hat und jede Frau einen Mann.
Sind Sie religiös? Woran glauben Sie?
Mein größter Wunsch wäre es, in vollem Ernst sagen zu können: Ich glaube an nichts. Ich weiß, das ist unmöglich, denn wir glauben immer an irgendetwas. Im Moment glaube ich an das Gespräch, das wir gerade führen. An den Austausch zwischen uns.
Was ist denn das Tröstliche am Nichts?
In Shakespeares Lear fragt Lear seine Tochter Cordelia, was sie sagen wird, um ihn ihrer Liebe zu versichern. Und Cordelia sagt: ≥Nothing, my Lord„. Aus ihrem Mund ist das etwas überwältigend Positives. Lears andere Töchter fassen ihre Liebe zu ihm in Worte, erklären sie aufwändig. Für Cordelia dagegen ist ≥nichts„ ein Wort noch jenseits des Wortes Liebe, es ist absolut. Und Lear, weil er wütend und auch klug ist, sagt: Nothing comes from nothing„. Da sind nun zwei Arten von nichts, two nothings, im Spiel und stoßen gleichsam zusammen: Da ist das Nichts der absoluten, zerstörerischen, zynischen, leeren Leblosigkeit, und dann ist da das Nichts, das über Hoffnung, Gott, das Universum hinausführt ˆ als die überlegene Quelle des Lebens. Dorthin würde ich gern gelangen. Auf dem Weg in dieses Nichts behelfen wir uns mit dem Glauben an Kleinwahrheiten.
Mit dem Glauben an die nächste Theaterproduktion, die nächste Mahlzeit, den nächsten Atemzug?
Wir leben von den Wahrheiten des Augenblicks. Und das ist auch dem Theater eingeprägt: die Möglichkeit, im selben Augenblick zu glauben und nicht zu glauben. Echtes Theater hat diese Qualität. Der Schauspieler glaubt absolut an das, was er da gerade tut ˆ und zugleich glaubt er nicht im Mindesten daran. Dasselbe gilt fürs Publikum. Es ist gebannt von den Geschehnissen auf der Bühne und versucht sich gleichzeitig vor den Grippeviren des Sitznachbarn zu schützen. Glauben und Nichtglauben im selben Moment ˆ darum dreht sich das ganze Theater. Deshalb kann es für Momente ein wahreres Bild des Lebens geben als das Leben selbst.
Was halten Sie von der Meinung, die ganze Welt sei eine Bühne und das professionelle Theater also überflüssig?
In den sechziger Jahren war das ein gängiger Satz: Wozu brauchen wir Bühnen, wenn die Straßen voll sind von Dramen? Nun, das ist eben nicht wahr. Im wahren Leben sind wir viel zu abgelenkt, zu zerstreut. Theater versetzt uns in die Lage, die Dinge genauer zu sehen mittels seiner Doppelbelichtung, dem Ineins von Glaube und Nichtglaube.
Was ist die Aufgabe eines Menschen, wenn er denn eine hat?
Jeder Mensch navigiert im Leben zwischen Glaube und Nichtglaube, Hoffnung und Verzweiflung. Es ist unsere Aufgabe, unseren Mitnavigatoren auf ihrer Reise beizustehen.
Aber es ist eine Reise ins Dunkle?
Ich habe mich lange mit dem Mahabharata-Mythos der Hindus beschäftigt. Er besagt, dass die Geschichte der Menschheit einem Zyklus folgt. Sie begann in einem goldenen Zeitalter; dann vollzog sich ein kontinuierlicher Abstieg, der uns in ein dunkles Zeitalter führte. Eine sehr pessimistische Vermutung, aber wenn wir uns umsehen, stellen wir fest: Sie stimmt. Es stimmt aber auch, dass dieser Zyklus der Auf- und Abstiege sich im Kleinen täglich ereignet und in jedem Augenblick präsent ist. In der Morgendämmerung öffnet sich das Feld der Millionen Möglichkeiten, und es liegt an uns, ob wir sie am Abend genützt oder versäumt haben. D. H. Lawrence schrieb ein berühmtes Buch mit dem Titel Mornings in Mexico: Jeder Morgen in diesem Land ist erfüllt von Hoffnung, aber aufgrund der pessimistischen, tragischen Natur der mexikanischen Seele befinden sich die Mexikaner am Ende des Tages in tiefer Melancholie und Verzweiflung; und sie ertränken ihre Seele in Tequila. Jedoch am nächsten Morgen ˆ phhh (Brook bläst Luft über seine leere Handfläche) ˆ beginnt alles von neuem. Der Zyklus setzt sich fort, er offenbart sich in jedem Atemzug. Natürlich ist es sehr schwer, im historischen Bewusstsein zu leben, dass wir uns weiter ins dunkle Zeitalter hineinbewegen. Und doch: Man muss darin seinen Weg finden. Es geht um die Entdeckung des positiven Nichts. Mit Hilfe der Kunst, des Austauschs zwischen Menschen, der Arbeit.
Ist der Austausch zwischen den Kulturen Ihre oberste Hoffnung?
Als wir unser internationales Theater-Zentrum gründeten, wollten wir etwas gegen den Rassismus und Nationalismus tun. Rassismus entsteht aus dem Irrglauben an die eigene Überlegenheit. Wer auf andere zugeht mit dem Bewusstsein ≥Wir wissen mehr als ihr„, weiß gar nichts. Die richtige Botschaft lautet: ≥Ihr wisst mehr als wir ˆ helft uns!„
Können uns auch die Toten helfen? Haben Sie deshalb so ein starkes Interesse an den Mythen der Welt?
Das Leben anderer Kulturen und die Erfahrung früherer Generationen ˆ all das stellt einen Schatz, einen Vorrat an potenzieller Hilfe für uns Heutige dar. Ich würde also, um auf Ernst Bloch zurückzukommen, nicht vom Prinzip Hoffnung reden, sondern vom Prinzip Hilfe.
Als Sie gerade vom Nichts sprachen, fiel mir der Philosoph E. M. Cioran ein. Eines seiner Bücher hat den Titel ≥Vom Nachteil, geboren zu sein„. Ein dummer Titel?
Ich würde das Buch anders nennen: Vom Nachteil, ein Intellektueller zu sein. Es ist eine Tatsache: Wir wurden geboren, wir sind da. Der Fluch des Intellektuellen besteht darin, sich mit irrelevanten Fragen beschäftigen zu müssen. Wenn ein japanischer Zen-Meister von einem Schüler gefragt wird, ob es ein Nachteil sei, geboren worden zu sein, wird der Lehrer seinen Schüler an der Nase packen, bis der aufschreit, und dann wird er ihn fragen: Na, bist du nun auf der Welt oder nicht?
Cioran dachte stets daran, den Nachteil des Geborenseins von eigener Hand auszubügeln; er erwog den Selbstmord, ohne ihn je zu vollziehen.
In diesem Punkt war er kein Intellektueller mehr, sondern ein intellektueller Masturbateur.
Haben Sie Achtung vor dem Akt des Suizids?
Es ist die ultimative Anmaßung eines menschlichen Wesens, sich für schlauer zu halten als die Schöpfung, die Schöpfung für misslungen zu erklären und sich selbst zu töten. Ist der Suizid ein Akt der Demut oder der Arroganz? Für mich ist er der finale Ausdruck der Arroganz.

A certain path – interview

A certain path par Margaret Croyden – ©2001 Theatre Communications Group.

PARIS: A Peter Brook production–whether it is the nine-hour epic The Mahabharata; a depiction of the dysfunction of the human brain, The Man Who; or a stripped-down adaptation of Bizet’s Carmen–is always an event to be reckoned with. Now, in his 75th year, this famous master of the theatre has mounted yet another iconoclastic work, his own streamlined version of Hamlet. It opened last fall at Brook’s own Théâtre des Bouffes du Nord in Paris, quickly sold out its entire run and is now on a world tour. Brook’s signature style–the transparency, the simple staging and uncluttered setting, the impeccable color sense, the essential beauty of mise en scène–are all there. Possibly no other director in the Western world has had the nerve–or the confidence and daring–to so boldly contest commonly held theatrical views. His is an undaunted search for new meanings, for greater insights, for what lies beyond the naked eye. Never satisfied, striving to find a more refined aesthetic to express the mysteries of the human spirit, Brook is unfazed by challenges or criticisms that his unorthodox endeavors may provoke–and that extends even to pruning Shakespeare. Plainly, Peter Brook goes his own way.
Brook offered these views on his Tragedy of Hamlet in an interview conducted in Paris in December. Read more

« Sizwe Banzi est mort » – entretien

Entretien avec Peter Brook. Par Fabienne Darge, 6 juillet 2006 ©DDOOSS
À 81 ans, l’infatigable voyageur Peter Brook poursuit son exploration du théâtre comme instrument de découverte de la vie dans ce qu’elle a de plus divers : une esthétique de la pluralité, une éthique de la curiosité et de l’ouverture qui l’amènent à monter une nouvelle fois ce «théâtre des townships» sud-africain avec « Sizwe Banzi est mort », d’Athol Fugard, John Kani et Winston Ntshona. 
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Entretien avec Peter Brook. Par Fabienne Darge, 6 juillet 2006 ©DDOOSS
À 81 ans, l’infatigable voyageur Peter Brook poursuit son exploration du théâtre comme instrument de découverte de la vie dans ce qu’elle a de plus divers : une esthétique de la pluralité, une éthique de la curiosité et de l’ouverture qui l’amènent à monter une nouvelle fois ce «théâtre des townships» sud-africain avec « Sizwe Banzi est mort », d’Athol Fugard, John Kani et Winston Ntshona. 
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En direct du ghetto

© Les Inrocks, juillet 2006 – Propos recueillis par Patrick Sourd

L’artiste britannique traite de l’identité à l’époque de l’apartheid. Un récit du passé qui trouve écho dans la condition des sans-papiers d’aujourd’hui.A quand remonte votre découverte du théâtre des townships ?
EN 1978, John Kani et Winston Ntshona, les deux acteurs noirs qui signent avec l’auteur blanc Athol Fugard « Sizwe Banzi est mort » étaient reçus pour la première fois au Royal Court, à Londres, pour présenter « The Island », leur pièce sur l’île-prison de Robben Island où, parmi d’autres, Nelson Mandela était emprisonné. Pendant quarante minutes et en silence, deux hommes sur un plateau vide accomplissaient le travail dur et inutile de remplir des brouettes et de les vider d’un côté à l’autre de la scène. Le public, sous le choc, se retrouvait transporté dans le quotidien des prisonniers, et l’actualité brûlante de l’Afrique du Sud de l’apartheid s’y incarnait d’une manière totalement naturelle, très différente du théâtre politique de l’époque. Ils montraient le pire dans l’affirmation d’un jeu où l’horrible, le tragique et le joyeux étaient inséparables. Ce théâtre m’a tout de suite fasciné. Les deux acteurs étaient sortis clandestinement d’Afrique du Sud. Ils n’avaient pas le droit de jouer dans leur pays – pas plus devant un public noir qu’a fortiori devant un public blanc ou mixte – et ils furent arrêtés à leur retour en Afrique du Sud.

Après Londres, avez-vou eu l’occasion de les retrouver en Afrique du Sud ?
J’ai fait le déplacement à Port Elizabeth pour parler avec eux de notre projet d’une version anglaise du Mahâbhârata. Mais sous l’apartheid, les bars et les restaurants étaient interdits aux Noirs. Ce régime atroce était malgré tout obligé de prévoir des endroits pour recevoir des hommes d’Etat ou des dignitaires noirs étrangers, tel un de ces hôtels cinq étoiles où nous avons pu prendre le thé ensemble.
Y avait-il d’autres lieux d’exception où la mixité était possible ?
Barney Simon (auteur et directeur de théâtre – ndlr) avait réussi à ouvrir le seul théâtre mixte d’Afrique du Sud. La raison en est simple, on pouvait séparer les races partout, sauf sur les marchés. Barney Simon avait eu la bonne idée d’acheter avec des amis le vieux marché de Johannesburg, et d’en faire le Market Theatre, un lieu extraordinaire.

« Sizwe Banzi est mort » est signé par deux acteurs et un auteur, cette pièce est-elle le fruit d’un travail d’improvisation ?
John Kani et Winston Ntshona improvisaient tandis qu’Athol Fugard retranscrivait, il avait ainsi un rôle de monteur en affinant la structure, en éliminant les redites. Mais l’auteur réel, ce sont les townships. Dans les townships, quand quelqu’un avait vécu une expérience révoltante, il n’avait pas d’autres possibilités que de se transformer en conteur pour partager son histoire avec ses amis et ses parents au coin d’une rue. Dans ces terribles conditions de vie, l’absence de théâtre avait fait naître une autre forme de théâtre… de très haut niveau. Tout ce que nous cherchions ici d’une manière intellectuelle était déjà présent chez eux grâce à cette école de la rue.

Aujourd’hui, les Noirs forment une nouvelle bourgeoisie en Afrique du Sud, que reste-t-il du théâtre des townships ?
Avant chaque révolution, la situation est très claire, un rapport de conflits aussi brutalement net provoque une situation très créatrice. On peut rappeler l’exemple des pays de l’Est, celui de la Californie avec le théâtre des fermiers luttant contre l’injustice faite aux migrants mexicains. Au lendemain de toutes les révolutions, il y a un moment d’exaltation, mais les problèmes se reposent dès le surlendemain. Le besoin d’œuvres miroirs existe toujours mais leur émergence est infiniment plus difficile lorsque les lignes de démarcations deviennent de plus en plus obscures entre les classes, car ainsi le théâtre ne peut plus naître d’une expression spontanée. C’est pour cela que le théâtre bourgeois a inventé les auteurs.

Quel est encore l’enjeu de monter un tel théâtre ?
Quand on fait du théâtre, ce qui compte au moment de la représentation, c’est que la note produite sonne si juste que rien n’aurait d’égal pour la faire entendre. On pourrait inventer un mot français pour qualifier le théâtre des townships, le « crire », le cri et le rire en même temps. La question que pose « Sizwe Banzi est mort » est de ne pas pouvoir exister sans un papier muni d’un tampon. A l’époque, on pouvait voir la pièce comme la dénonciation de l’injustice du régime qui existait là-bas. Aujourd’hui, on s’aperçoit que cette pièce dépasse largement son contexte immédiat. Nous l’avons jouée devant des jeunes à Paris et à Lausanne et, croyez-moi, cette petite pièce vaut la peine d’être reprise car elle parle d’une réalité – celle d’avoir ou pas des papiers – qui touche au plus profond de l’humain et du politique aujourd’hui.

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« Why should I fight » Arjuna

Le royaume en chantier du sorcier Brook

De Fabienne Darge – © Le Monde – 2 novembre 2004

Installé depuis trente ans aux Bouffes du Nord, le metteur en scène britannique fête cet anniversaire avec trois spectacles qui sont autant de volets d’une même réflexion sur la religion, la connaissance et l’intolérance.
EN CETTE ANNEE 1974, Peter Brook revient de voyage. Il est sur les routes depuis trois ans, avec son Centre International de recherches théâtrales : France, Afrique, Amérique. Avec ses acteurs venus des quatres coins de la planète, ils ont joué dans des foyers d’immigrés en banlieue et dans des bidonvilles à Paris, au Festival de Chiraz, en Iran, et dans les ruines de Persépolis, au fin fond du Sahara et sur des places de villages au Mali ou au Nigeria, chez les Chicanos à la frontière mexicaine et dans une réserve indienne, dans les rues du Bronx ou de Brooklyn, à l’hôpital Sainte-Anne à Paris et en entreprise à Jouy-en-Josas, dans des garages ou des salles de cinéma à l’abandon, un peu partout…
Pendant ces trois années, Peter Brook n’a cessé d’avancer dans sa réflexion sur ce qu’est un espace théâtral :comment se créer le lien avec le spectateur ? Comment éviter la coupure entre le lieu clos du théâtre et le dehors, la vie la « vraie » vie ? Lui, le metteur en scène britannique déjà archi-célèbre à la fin des années 60, l’ex directeur de la vénérable Royal Shakespeare Company, a tourné le dos au théâtre « bourgeois » pour éprouver le plein air et les « non-lieux » du théâtre.
« Puis, raconte aujourd’hui Peter Brook, assis sur une banquette de « son » théâtre, devant le beau décor – un mot qu’il déteste – de Tierno Bokar, nous nous sommes rendu compte qu’il nous fallait un lieu pour mettre à profit toutes ces recherches menées pendant trois ans. Il nous en fallait un pour être à l’abri du froid, de la pluie. La réflexion que je menais, toujours influencée par le théâtre élisabéthain, sur le rapprochement entre le spectateur et l’espace de jeu, sur l’intimité de la relation, me ramenait vers un lieu fixe. Mais je ne voulais plus d’un théâtre classique, avec sa coupure entre la scène et la salle. »
Un jour, Micheline Rozan, qui codirige avec lui le Centre de recherches – et dirigera les Bouffes du Nord jusqu’en 1996 -, entend parler d’un théâtre abandonné derrière la gare du Nord. « Nous avons sauté dans une voiture, et nous sommes allés voir, racontent les deux complices. Mais arrivés à l’endroit indiqué, au coin du boulevard de La Chapelle et de la rue du Faubourg-Saint-Martin, point de théâtre. Il y avait juste, entre un café et un magasin de farces et attrapes, une sorte de palissade : nous l’avons soulevée, avons rampé dans une sorte de tunnel, et là, nous avons débouché dans le théâtre : il pleuvait à l’intérieur, la coupole était en ruine, les murs et le sol calcinés, car de nombreux clochards y avaient élu domicile et faisaient du feu. »
Peter Brook tombe amoureux : il voit dans ce lieu la synthèse de tout ce qu’il recherchait. Un théâtre installé dans un quartier populaire et cosmopolite, porteur d’une histoire, d’une mémoire inscrite sur ses murs comme sur une peau, sensible dans l’air, dans l’atmosphère, comme si toute cette histoire était restée emprisonnée, dans les particules de lumière qui filtrent de la coupole défoncée. « Les proportions, aussi, sont extraordinaires, uniques en Europe, ajoute Peter Brook. Nous avons découvert plus tard qu’elles étaient les mêmes que celles du Théâtre de la Rose, l’un des deux théâtres de Shakespeare à Londres… »
« Regardez : ne dirait-on pas à la fois une cour, une mosquée ou une maison ?, demande Peter Brook depuis les cintres, où il nous a entraînée. Les Bouffes sont vraiment l’espace-caméléon dont je rêvais, un espace à la fois intérieur et extérieur, qui stimule et libère l’imagination du spectateur, un espace où un partage est possible, ainsi que la concentration qu’exige le théâtre : car le théâtre, ce n’est rien d’autre qu’une expérience humaine plus concentrée que celles que nous avons coutume de vivre dans la « vraie » vie. »

LES APACHES, LES MARLOUS
L’histoire de la salle, aussi, passionne Peter Brook : quand les Bouffes ouvrent, en 1876, La Chapelle est un quartier de grande périphérie, à la lisière des champs : « à l’époque, le quartier était très dangereux : il était occupé par les apaches, les marlous et les gigolettes, sourit le metteur en scène. Aujourd’hui il est devenu le quartier indien de Paris – des Indiens, que par une sorte de coïncidence magique, nous avons vu arriver au moment du Mahabharata, en 1985… » Au cours de leur histoire mouvementée, les Bouffes, qui proposent un répertoire de caf’conc’ pour un public indiscipliné et bruyant, qu’il faut parfois faire évacuer par la police, verront aussi l’anarchiste Louise Michel jouer une pièce révolutionnaire, et le metteur en scène Lugné-Poe créer, à la toute fin du XIXe siècle, plusieurs des grandes pièces de Henrik Ibsen, dans des décors peints par Edouard Vuillard : Rosmersholm, Un ennemi du peuple, Solness le constructeur… Le théâtre est à nouveau fréquenté par la police en 1873, pour les représentations d’Un ennemi du peuple : les autorités trouvent la pièce subversive. Puis les Bouffes deviennent, jusqu’à leur fermeture en 1952, une salle où alternent spectacles de music-hall et de boulevard.
Mais revenons à cet été 1974 : Peter Brook et Micheline Rozan décident de rouvrir le théâtre, avec l’aide de Michel Guy, qui dirige alors le Festival d’automne et a demandé à Brook « un grand Shakespeare ». Le tandem décide surtout de laisser le théâtre – presque – en l’état : « nous avons fait les travaux nécessaires en un temps record – trois mois et demi -, mais nous avons voulu garder la « beauté des ruines, ce qui n’a pas toujours été facile, s’amuse Micheline Rozan. Il a souvent fallu résister aux « rénovateurs » de tout poil… » Résister pour garder ces murs craquelés, calcinés, longtemps gris, jusqu’au Mahabharata, puis patinés d’un rouge Pompéi, mais toujours à vif, écorchés.
Le 15 octobre 1974, le Théâtre des Bouffes du Nord rouvre avec Timon d’Athènes, une pièce méconnue de Shakespeare, dans une mise en scène de Peter Brook. Les acteurs, François Mathouret, Maurice Bénichou, Bruce Myers – qui accompagne Brook depuis le milieu des années 1960 -, ont répété dans les gravats. Et ce soir d’octobre 1974, pour le public comme pour la presse, c’est le coup de foudre. Il dure depuis trente ans, entretenu par des spectacles qui ont marqué plusieurs générations de spectateurs, dans cette extraordinaire « mosquée » à la beauté louche et décatie : Carmen, la Cerisaie, le Mahabharata, La Tempête, L’Homme qui, Hamlet… Du théâtre tissé avec les fils de la vie, cette vie que Peter Brook n’a eu de cesse d’explorer dans toutes ses dimensions, pour en extraire la quintessence universelle.

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A propos de Stanislavski, ITW juin 2003

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