Les Iks, 1975

D’après l’ouvrage de Colin Turnbull
Adaptation Colin Higgins, Denis Cannan
Mise en scène Peter Brook
Assisté de Yutaka Wada
Adaptation française
Jean-Claude Carrière
Collaboration technique Georges Wakhevitch, Jeanne Wakhevitch
Première représentation le 12 janvier 1975 dans le cadre du Festival d’Automne.Avec Malick Bagayogo, Michèle Collison, Miriam Goldschmidt, Bruce Myers, Katsuhiro Oida
Maurice Bénichou, Jean-Claude Perrin, Andreas Katsulas

Lorsque Sir Barry Jackson me demanda de mettre en scène Peines d’amour Perdues à Stratford, en 1945, il s’agissait de mon premier spectacle important, mais j’avais déjà suffisamment travaillé dans de plus petits théâtres pour savoir que les acteurs, et surtout les régisseurs, ont le plus grand mépris pour tous ceux qui, comme ils disent, « ne savent pas ce qu’ils veulent ».

Alors, durant la nuit qui précéda la première répétition, je m’assis, souffrant mille morts, devant une maquette de décor, conscient que mes incertitudes, en se prolongeant deviendraient fatales, manipulant de petits morceaux de cartons pliés, quarante morceaux représentant les quarante acteurs auxquels, le lendemain matin, il me fallait donner des ordres clairs et précis.

Sans relâche, je m’emploie à organiser la toute première entrée de la Cour : convaincu que, dès cet instant , tout allait être gagné ou perdu. Je numérote les personnages, dessine des plans, manœuvre mes bouts de carton, je les retire et les réintroduis dans le décor, je les masse en groupes compacts, puis plus petits, surgissant des côtés ou du fond, par dessus des monticules de gazon ou descendant des escaliers. Je les fais tous tomber d’un coup de coude. Je peste et je recommence.

Ce faisant, je note chaque mouvement, puis, à l’abri des regards indiscrets, je rature pour inventer autre chose.

Le matin, j’arrive à la répétition avec un gros cahier de régie sous le bras. Je note avec plaisir que le Directeur de la Scène me fait apporter une table. Mon volume l’avait impressionné.

D’abord, je répartis les interprètes en plusieurs groupe que je numérote et place sur leur ligne de départ. Lisant mes ordres d’une voix forte et assurée, je lâche le premier flot.

D’emblée, je sais que ce n’est pas bon. Ces acteurs me rappelaient en rien leur modèle de carton. D’imposants êtres humains projetés en avant : certains d’un pas vif que je n’avais pas prévu, fonçant sur moi sans s’arrêter, sans cesser de me regarder dans les yeux ; d’autres au contraire hésitant, s’immobilisant ou même reculant avec un maniérisme distingué qui me prenait au dépourvu.

Nous n’avions vu que la première phase du premier mouvement – la lettre A de mon schéma – mais ils étaient tous à des places si mauvaises que le mouvement B ne pouvait s’enchaîner. Je sentis mon cœur lâcher. En dépit de toute ma préparation, j’étais complétement perdu. Devais-je recommencer pour faire plier ces comédiens jusqu’à ce qu’ils se conforment à mes notes ? Une voix intérieure m’y invitait. Une autre voix, cependant, me murmurait qu’il pouvait être bien plus fructueux d’utiliser les mouvements en train de s’improviser devant moi. Mouvements plein d’énergie, d’initiatives personnelles, aiguisés par des enthousiasmes particuliers aussi bien que par la paresse, vivifiés par des rythmes divers et ouvrant des possibilités imprévues. Ce fut un moment de panique.

Quand j’y repense, il me semble que tout mon travail à venir s’est joué à ce moment-là.

Fermant mon dossier, j’entrai dans le cercle des comédiens. Et depuis je n’ai plus jamais jeté un œil sur une mise en scène écrite. »
Peter Brook – Extrait de L’espace Vide – Edition du Seuil

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Timon d’Athènes, 1974

De William Shakespeare
Adaptation française Jean-Claude Carrière
Mise en scène Peter Brook
Collaboration à la mise en scène Jean-Pierre Vincent

Première représentation : 15 octobre 1974 dans le cadre du Festival d’Automne à Paris

Avec Malick Bagayogo, Maurice Benichou, Gérard Chaillou, Michèle Collison, Christian Crahay, Paul Crauchet, Jean Dautremay, Miriam Goldschmidt, Jean-Louis Hourdin,
François Marthouret (dans le rôle de Timon), Andreas Katsulas, Alain Maratrat, Bruce Myers, Katsuhiro Oida, Alain Ollivier, Jean-Claude Perrin, Alain Rimoux, André Weber, Jean-Paul Wenzel

 

 

 
« Lettre à une étudiante anglaise, Mars 1973
J’ai toujours été frappé par le côté artificiel des barrières créés par les divisions entre le théâtre expérimental, politique, intellectuel, ou populaire, chacun avec ses propres codes, son propre public.

Je crois en un autre théâtre dont les Elisabéthains nous ont donné le modèle.

Il ne s’agit pas pour nous de les imiter à la lettre. Nous devons trouver notre solution avec les moyens qui sont les nôtres ; et quand on parle de recherche, c’est de cela qu’il s’agit.

Vous me demandez, et la question m’est souvent posée, si je vais revenir au « vrai » théâtre. Mais la recherche n’est pas un bocal que l’on peut ouvrir puis remettre dans un placard. et toutes les formes de théâtre sont capables d’être vraies.

Depuis des années, les principaux spectacles que j’ai présentés furent le résultat de longues périodes de recherche en vase clos. Tout homme de théâtre a besoin d’équilibrer son travail entre l’intérieur et l’extérieur. Il faut que les deux phrases alternent comme le mouvement du balancier. D’où la nécessité absolue de jouer à certains moments pour un vaste public.

Qu’il soit expérimental ou à grand spectacle, le théâtre peut avoir la même qualité, la même raison d’être. Tout ce qui compte est qu’ils tendent tous deux à capter la vérité et la vie. Mais capter, c’est mettre en prison. Et la prison tue vite. Ainsi il n’y a pas de solution coulée dans le bronze. Les méthodes à employer doivent toujours changer.

Nous venons de jouer en Afrique dans des conditions très proches d’une représentation élisabéthaine. Je veux dire par là que nous nous sommes rendus dans des villages où la population entière se pressait autour du tapis sur lequel nous jouions. Les vieillards, les sages, les naïfs, les jeunes, même les enfants en bas âge, étaient là, et c’est lorsqu’il était possible de les intéresser de différentes façons mais tous en même temps qu’une vraie satisfaction nous était donnée.

Telle est pour moi l’essence du théâtre de Shakespeare. Chaque phrase peut être perçue à différents niveaux, chaque niveau touche une partie du public, et ce public, dans sa complexité, reflète la vie toute entière. En conséquence, la pièce convient au même moment aux appétits les plus rudes comme aux gosiers les plus raffinés. Presque toutes les autres écoles de théâtre ne satisfont qu’une partie de la communauté et si d’avanture une autre classe, un autre groupe, se trouve mêlé à la représentation, il se sent laissé pour compte. Il me semble que toutes les mises en scène shakespeariennes doivent être abordées sous l’angle de cette situation idéale : rassembler la communauté, dans toute sa diversité, au sein de la même expérience. » – Peter Brook

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Orghast – 1971

 

Orghast was an experimental play based on the myth of Prometheus, written by Peter Brook and Ted Hughes[1] in an invented language of the same name along with classical Greek and Avestan, and performed in 1971 at the Festival of Arts of Shiraz-Persepolis, which was held annually the reign of the Shah. It was performed in two parts, with the first performed at Persepolis around dusk, and the second at the nearby site of Naqsh-e Rustam at dawn.

« Orghast aims to be a leveller of audiences by appealing not to semantic athleticism but to the instinctive recognition of a « mental state » within a sound. One can hardly imagine a bolder challenge to the limits of narrative. « , Tom Stoppard.

Directed by Peter Brook in collaboration with Arby Ovanesian, Geoffrey Reeves, Andrei Şerban
Stage Set: Eugene Lee, Franne Lee, Jean Monod

Actors
Cameroon: Daniel Kamwa
England : Robert Lloyd, Pauline Munro, Bruce Myers, Natasha Parry, Irene Worth
France: Claude Confortès, Sylvain Corthay
Iran: Nozar Azadi, Farkhundeh Baver, Dariush Farhang, Mohamed-Bagher Ghaffari, Hushang Ghovanlou, Said Oveyesi, Parviz Porhoseini, Syavash Tahmoures, Saddredin Zahed
Japan : Katsuhiro Oida
Mali: Malick Bagayogo
Portugal: Joao Mota
Spain: Paloma Matta
USA: Michèle Collison, Andreas Katsulas, Lou Zeldis

Le Roi Lear, film 1969

King Lear  | Angleterre  | 1969 | 132 mn | N&B
D’après William Shakespeare

Réalisation Peter Brook

 

Avec Paul Scolfeld, Anne-Lise Gabold, Ian Hogg, Cyril Cusack, Susan Engel, Tom Fleming

Tell me lies, film 1968

Tell me lies  | Angleterre | 1968 |  118 mn | N&B et couleur

Realisation Peter Brook
Adaptation Peter Brook, Denis Cannan, Michael Kustow, Michael Scott
Musique Richard Peaslee

Avec Mark Jones, Pauline Munro, Eric Allan, Robert Langdon Lloyd, Mary Allen, Ian Hogg, Glenda Jackson, Joanne Lindsay, Hugh Sullivan, Kingsley Amis, peggy Ashcroft, James Cameron, Stokely Carmichael, Tom Driberg, Paul Scofield

« Subtitled A Film About London, this drama is a quintessential experimental counter-culture film of the late 1960s that centers on the questions raised by the Vietnam war. Renowned Shakespearean theater director Peter Brook serves as producer and director. It includes many members of the Royal Shakespeare Company, such as London actors Mark Jones, Robert Lloyd, and Pauline Munro, who essentially play themselves. They become obsessed with a photograph of a wounded Vietnamese child and begin discussing the war with their friends and fellow actors. They attend a series of lectures and teach-ins, discussing the issues of the day with a number of activists, including the American Black Panther leader Stokely Carmichael. The discussions are combined with newsreel footage in a bizarre collage of images. Moved to do something, the group of actors puts on a series of skits about the war. » ~ Michael Betzold – The New York Times

‘Tell Me Lies’: Brook Troupe Makes Talk, Not War

© The New York Times – By Renata Adler – February 13, 1968.
«TELL ME LIES,» which opened yesterday at the 34th Street East, is a movie straight out of the psychodrama left. Based on the London theatrical production «US,» directed by Peter Brook and featuring the cast of the Royal Shakespeare Company, it is dedicated to the idea that a group of young actors, disturbed about the existing social order and the war in Vietnam, can make some significant contribution to the subject by saying and doing whatever comes into their minds. Read more

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Brook Troupe Makes Talk, Not War

Tell me Lies », 1968 – ©The New York Times – By Renata Adler  – Published: February 13, 1968

« TELL ME LIES, » which opened yesterday at the 34th Street East, is a movie straight out of the psychodrama left. Based on the London theatrical production « US, » directed by Peter Brook and featuring the cast of the Royal Shakespeare Company, it is dedicated to the idea that a group of young actors, disturbed about the existing social order and the war in Vietnam, can make some significant contribution to the subject by saying and doing whatever comes into their minds. Read more

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Marat Sade, 1967

Marat Sade | Angleterre | 1967 | 1h56 | Couleur
d’après la pièce de Peter Weiss

Mise en scène Peter Brook
Scénario Adrian Mitchell, Geoffrey Skelton
Costume John Hales, Lynn Hope, Gunilla Palmstierna-Weiss
Musique Richard Peaslee
Avec Patrick Magee, Clifford Rose, Glenda Jackson, Ian Richardson, Michael Williams, Freddie Jones, Hugh Sullivan, John Hussey, William Morgan Sheppard, Jonathan Burn, Jeanette Landis, Robert Langdon Lloyd, John Steiner, James Mellor, Henry Woolf, John Harwood, Leon Lissek, Susan Williamson, Carol Raymont, Mary Allen, Brenda Kempner, Mark Jones, Maroussia Frank, Tamara Fuerst, Sheila Grant, Lynn Pinkney, Ian Hogg, Ruth Baker, Michael Farnsworth, Guy Gordon, Michael Percival, heather Canning, Jennifer Tudor

 

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Sir Thomas Beecham interview with Peter Brook

La Danse du Sergent Musgrave, 1963

La Danse du Sergent Musgrave (Serjeant Musgrave’s Dance), de J. Arden
Théâtre de l’Athénée

Mise en scène Peter Brook

Avec : Laurent Terzieff – Jean-Baptiste Thierrée – Pierre Tabard – Toni Taffin – François Darbon – Pierre Le Rumeur – Yvette Étiévant – Laurence Bourdil – Étienne Dirand – Jean Michaud – Gérard Lorin – Jean-Luc Bideau – William Wissmer – Jean Larroquette – Stéphane Ariel – Pierre Decazes

Lord of the flies, 1963

Sa majesté des mouches (Lord of the flies) | Royaume-Uni | 1963 | 87 mn |N&B

Réalisation : Peter BROOK
Scénario : Peter BROOK d’après le roman de William GOLDING
Avec :  James AUBREY, Tom CHAPLIN, Hugh EDWARDS, Roger ELWIN, Tom GAMAN, Roger ALLAN, David BRUNJES & Peter DAVY
Musique : Raymond LEPPARD
Directeur de la photographie : Tom HOLLYMAN
Montage : Peter BROOK, Gerald FEIL & Jean-Claude LUBCHANTSKY
Producteur : Lewis M. ALLEN
Production : Janus Films

« Trouver l’argent pour Sa Majesté des mouches prit deux années, avec le lot habituel d’exaltations, de déceptions et de conflits. Suivirent le tournage, avec un budget on ne peut plus maigre, et le montage dans une salle de la banlieue parisienne, seul avec mon ami Gerry Feil.»

« Le pouvoir et le rôle du hasard, ainsi que le principe d’incertitude, étaient alors très en vogue. Le « cinéma vérité » flottait dans l’air. On prenait le son en direct, de telle sorte que les bruits de la rue venaient couvrir les textes, les rendant agréablement incompréhensibles. La manière de faire du cinéma avait trouvé une nouvelle liberté, un nouvel élan. À New York, Richard Leacock me raconta que, après avoir potassé toutes les règles du cinéma, il se contentait à présent de pointer la caméra dans la direction de l’événement, se souciant seulement d’un choix pour son diaphragme : largement ouvert ou très fermé. C’était dit avec humour, mais la remarque de Leacock me fit une forte impression, car pour Sa Majesté des mouches, toutes les conditions – et pas seulement financières – indiquaient que nous allions devoir travailler à Puerto Rico avec les moyens du bord. »

« Avec un enthousiasme inattendu, des parents nous prêtèrent leurs enfants, mais seulement pour la durée des vacances d’été. N’ayant pas la possibilité de visionner les rushes, nous étions contraints de nous protéger en multipliant les prises, ce qui rendait indispensable le recours à une seconde caméra. »

Extrait d’Oublier le temps de Peter Brook (Seuil, 1998)

Moderato Cantabile, 1960

Moderato Cantabile  | France | 1960 | 96 mn | N&B
D’après le roman de Marguerite Duras
Adaptation Marguerite Duras, Gérard Jarlot
Mise en scène Peter Brook
Musique Antonio Diabelli

Avec Jean-Paul Belmondo, Jeanne Moreau, Pascale de Boysson, Jean Deschamps, Didier Haudepin, Colette Régis, Valeric Dobuzinsky
Grand prix de la meilleure interprétation féminine – Festival de Cannes – 1960

Un chatte sur un Toit Brûlant, 1956

Un chatte sur un Toit Brûlant
d’après Tennessee Williams, adapté par André Obey  – Au Théâtre Antoine
Mise en scène Peter Brook

Avec Jeanne Moreau, Henri Guisol, Paul Guers, Jeanne Marken, Monique Melinand, Maurice Dorleac

The Beggar’s Opera, film 1953

The Beggar’s Opera  | Angleterre | 1952 |  1h29 | Couleur
Réalisation  Peter Brook
Adaptation Christopher Fry, Denis Cannan

Avec Laurence Olivier, Stanley Holloway, George Devine, Hugh Griffith, Athene Seyler, Dorothy Tutin, Cyril Conway, Laurence Naismith, John Baker, Ondrej Vetchy, George Rose, Felix Felton, Daphne Anderson, Mary Clare, Yvonne Furneaux, Denis Cannan, Margot Grahame, John Kidd, Kenny Williams, Sandra Dome